Vente, installation, SAV : relier l'historique par équipement
Léo Brosseau
6 min de lecture
Un tableur suit mal le lien entre la vente, l'installation et le SAV d'un équipement chez un client. Ce qu'il faut tracer, et pourquoi la date compte.
En bref : Un négociant technique qui vend, installe et assure le SAV d'un équipement (matériel industriel, cuisine professionnelle, sécurité) suit en réalité trois événements liés : la vente, l'installation, et chaque intervention SAV qui suit. Un tableur trace bien la vente. Il relie mal la vente à l'installation, et encore moins l'installation aux interventions SAV qui arrivent des mois plus tard, sur un fichier différent ou dans la mémoire du technicien. Le problème n'est pas seulement organisationnel : la date de vente et d'installation détermine aussi ce que vous pouvez encore invoquer ou devez honorer au titre de la garantie.
Pourquoi la vente, l'installation et le SAV finissent-ils dans des fichiers séparés ?
La vente passe par un devis et une facture, souvent dans un logiciel de facturation ou un tableur commercial. L'installation est planifiée par une autre personne, parfois sur un simple agenda partagé. Le SAV, lui, démarre par un appel client ou un ticket, et le technicien qui intervient sur place n'a pas toujours accès au dossier de vente ni à la date d'installation réelle.
Trois événements, trois outils, trois personnes différentes. Tant que le volume reste faible, chacun se souvient du dossier. Dès qu'un client a plusieurs équipements, ou qu'un deuxième technicien commence à prendre des appels SAV, il n'y a plus personne pour relier les trois de mémoire.
Que doit contenir une fiche équipement par client, concrètement ?
Une fiche équipement fiable rattache un numéro de série précis à un client précis, pas seulement une catégorie de produit. Elle porte au minimum :
- Le numéro de série ou d'identification de l'équipement, pas seulement sa référence commerciale : deux compresseurs du même modèle vendus à deux clients différents ont un historique différent.
- La date de vente et la date d'installation, qui ne tombent pas toujours le même jour (un équipement peut être livré une semaine avant d'être mis en service).
- Le technicien qui a installé l'équipement, pour pouvoir le recontacter s'il connaît une particularité du site.
- Chaque intervention SAV, datée, avec la panne signalée, la pièce remplacée le cas échéant, et le technicien qui est intervenu.
- La durée et la nature de la garantie applicable (garantie constructeur, garantie commerciale propre à votre entreprise), avec sa date de départ et sa date de fin.
Sans ces cinq champs reliés entre eux, retrouver « qu'est-ce qui a déjà été fait sur cet équipement, chez ce client » demande de rouvrir plusieurs fichiers et d'espérer que le bon technicien se souvienne du détail.
Pourquoi la date de vente et d'installation comptent-elles juridiquement ?
Ce n'est pas qu'une question d'organisation. Quand un client invoque un défaut sur un équipement, l'action en garantie des vices cachés doit être intentée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice, selon l'article 1648 du Code civil (Légifrance, article 1648 du Code civil). Ce délai court à partir du moment où le défaut est constaté, pas depuis la date de vente : sans une trace fiable de la date de vente, de la date d'installation et de l'historique des interventions déjà réalisées sur l'équipement, il devient difficile de démontrer depuis quand le problème existe, et si une intervention SAV antérieure l'avait déjà traité.
Une fiche équipement datée n'évite pas un litige, mais elle donne à votre entreprise et à votre client les mêmes faits pour en discuter : ce qui a été vendu, quand, installé quand, et ce qui a déjà été fait dessus.
Jusqu'où un tableur tient-il pour ce suivi ?
Avec un seul technicien, quelques dizaines de clients et un équipement par client dans la majorité des cas, un tableur bien tenu suit correctement vente, installation et SAV : une ligne, quelques colonnes, une personne qui connaît son fichier par cœur.
Ce qui casse, dans l'ordre le plus courant :
- Un client a plusieurs équipements du même type. Le tableur mélange les numéros de série, ou pire, ne les suit pas du tout.
- Un deuxième technicien prend des appels SAV. Il n'a pas la visibilité sur qui a vendu et installé l'équipement, ni sur les interventions précédentes faites par son collègue.
- Une garantie constructeur arrive à échéance sans alerte. Le SAV facture une intervention normalement encore couverte, ou l'inverse : une intervention hors garantie est traitée gratuitement faute de savoir que le délai est dépassé.
- Le client rappelle des mois après l'installation. Retrouver la fiche exacte demande de croiser le nom du client, la date approximative, et parfois d'appeler le technicien pour vérifier de mémoire.
Pour qui un tableur suffit encore
Vous êtes seul ou à deux à gérer la vente, l'installation et le SAV, avec un volume d'équipements limité et peu de garanties encore actives à suivre. Tant qu'aucun appel client ne vous a pris de court faute de retrouver l'historique, changer d'outil n'apporte rien de plus que ce que vous avez déjà.
Pour qui ce n'est plus le bon choix
Plusieurs techniciens interviennent en SAV sans avoir vendu ni installé l'équipement eux-mêmes, le volume d'équipements par client dépasse ce qu'une mémoire individuelle retient, ou une garantie a déjà été mal appliquée (facturée à tort, ou honorée trop tard) faute de date fiable. À ce stade, le problème n'est plus la rigueur de la personne qui tient le fichier : c'est l'absence de lien structurel entre vente, installation et SAV. Un logiciel comme seven. rattache ces trois événements à une seule fiche équipement par client, consultable par n'importe quel technicien qui prend l'appel, avec l'alerte de fin de garantie posée automatiquement.
FAQ
Faut-il suivre chaque équipement individuellement, ou suffit-il de suivre le client ? Suivre uniquement le client fonctionne tant qu'il n'a qu'un seul équipement. Dès qu'il en a plusieurs, y compris du même modèle, seul le numéro de série permet de savoir lequel a été réparé, quand, et par qui.
Qui doit avoir accès à l'historique d'un équipement : uniquement le SAV ? Non. Le technicien qui prend un appel SAV a besoin de voir la date de vente, la date d'installation et la garantie applicable, pas seulement les tickets SAV précédents. Sans cet accès, il traite chaque appel sans le contexte complet.
Une garantie constructeur et une garantie commerciale se suivent-elles de la même façon ? Non, ce sont deux durées et deux conditions différentes qui peuvent se chevaucher ou se succéder. Les confondre dans une seule colonne « garantie » fait perdre l'information sur laquelle des deux s'applique à un moment donné.
Un tableur peut-il suffire si on ajoute une colonne numéro de série ? Cela aide, mais ne résout pas le problème principal : relier automatiquement une intervention SAV à la bonne fiche équipement et alerter sur la fin de garantie reste manuel dans un tableur, et dépend de la personne qui saisit correctement chaque ligne.
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